HANDISERVICES-AUDE

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AIDANT-SEXUEL BENEVOLAT

Handicap de vie intime

Sexualité. Des associations de handicapés demandent un statut, qui existe dans d'autres pays, pour les assistants sexuels. Un service comme un autre ?

Assistants sexuels, aidants ou accompagnants, il y a plusieurs façons de les désigner. Hommes ou femmes, ils prodiguent, contre rémunération, massages, caresses et vont parfois même jusqu'au coït pour permettre à des personnes handicapées d'accéder à une sexualité.

Prostitution ou droit à la sexualité des handicapés ? Cet été, à une semaine d'intervalle, deux tribunes publiées dans Libération ont fait surgir cette question taboue : quel accompagnement sexuel pour les personnes handicapées ? Certains redoutent l'institutionnalisation de la prostitution. Les autres refusent l'amalgame. En France, le débat est loin d'être clos. Prêt à rebondir le 9 octobre, journée mondiale du handicap.

Les assistants sexuels exercent légalement depuis des années en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse. Ils suivent une formation et sont issus du milieu médical, paramédical ou de la prostitution. Marcel Nuss, fondateur de la Coordination handicap et autonomie (CHA), lui-même handicapé, milite pour un système similaire en France : la mise en place d'un «accompagnement à la vie affective et sexuelle» dont le but, estime-t-il, est «d'aider la personne à se réapproprier son corps, à se reconnecter à sa corporalité». Même s'il ne se fait pas d'illusion : «Il ne faut pas rêver, l'accompagnement sexuel est une réponse, pas LA réponse en matière d'affectivité.» Marcel Nuss constate une «demande forte des handicapés» qui «sont confrontés au déni mais aussi à la frustration». Carole Thon, de l'Association française contre les myopathies (AFM), évoque également l'urgence de la situation. «On connaît des situations de mamans qui masturbent leur fils, rapporte-t-elle, des soignants, très embêtés avec les érections de jeunes garçons handicapés, qui donnent un coup de main, répriment ou font semblant de ne pas voir.»

Les directeurs d'établissements français dans lesquels résident des personnes handicapées sont souvent les premiers confrontés aux demandes de leurs pensionnaires. Certains n'hésitent pas à se mettre dans l'illégalité et à faire appel à des professionnels du sexe. «Toutes les associations, dans leurs réseaux locaux, ont des numéros de prostituées qui acceptent de prendre des personnes en situation de handicap», lâche un salarié d'association. Claudette, travailleuse du sexe à Genève, confirme : «J'ai été appelée deux ou trois fois par des directeurs d'établissement en Suisse, et en France aussi.» Ceux-ci font appel «à des professionnels pour éviter que ça tourne à l'obsession et dégénère avec les autres pensionnaires». Depuis une dizaine d'années, Claudette a un client, «paralysé du côté gauche», qui vient «toutes les trois semaines». Elle en parle comme d'un «rapport un peu difficile», car c'est elle qui «fait tout le boulot», rigole-t-elle. «Je le déshabille, le douche, on fait ce qu'on a à faire et je le rhabille.»

«Génitalité». Mais qui, en France, pourrait assurer la fonction d'aidant sexuel ? Dans les pays où l'accompagnement sexuel existe, «les personnes qui se dirigent vers les formations ont déjà une expérience du corps : ce sont des kinés, des esthéticiennes, des masseurs et des soignants en règle générale», énumère Carole Thon, de l'AFM. Ou des professionnels du sexe, comme en Suisse allemande. Marcel Nuss estime qu'il faut avant tout «avoir un vécu et un rapport à son corps et à sa sexualité suffisamment équilibré».

Carole Thon, de l'AFM, regrette que le débat tourne souvent autour de la «génitalité». Dit autrement : «Ce ne sont pas forcément des demandes de pénétration mais de sensualité. Nous sommes face à des corps qui ne connaissent pas le contact, si ce n'est le contact médical.»

Même constat chez Marcel Nuss : «On est en train de se focaliser sur le cul alors que la première demande, c'est d'être entendu. La deuxième, c'est le respect de l'intimité. Dans les établissements, on rentre dans les chambres comme dans un moulin.» Et obtenir une chambre double est quasiment impossible pour les rares couples de handicapés.

Marchandisation. Certains jugent la frontière entre l'accompagnement sexuel et la prostitution très mince. Trop. Claudine Legardinier, journaliste, spécialiste de la prostitution et proche du Mouvement du nid, une association militant pour la disparition de la prostitution, redoute un glissement vers une marchandisation de la sexualité. «Même si l'on crée cette profession au nom des meilleures intentions du monde, on aboutira à une forme de légalisation d'un service sexuel rémunéré et donc à une légalisation de la prostitution», explique-t-elle. Plus précisément à une dépénalisation du proxénétisme de soutien puisqu'un intermédiaire, famille ou personnel soignant, sera souvent nécessaire. Cette féministe est convaincue que les femmes seront les seules concernées par le statut d'«assistante sexuelle». «Le service sexuel viendra parachever le retour de la femme traditionnelle, oublieuse de soi, de sa propre sexualité, de ses propres désirs», peut-on lire dans la tribune publiée le 4 août dans Libération. Un homme ne pourrait-il pas devenir assistant sexuel ? Dans les pays où l'accompagnement sexuel est légal, on constate que la proportion d'hommes est à peu près égale à celle des femmes. Alors quelle alternative ? «Pourquoi pas un accompagnement sexuel bénévole ?» propose Claudine Legardinier. Avec le risque de manquer cruellement de candidats.

JE SUIS BENEVOLE POUR PRODIGUER CES SERVICES, J'AI UNE CERTAINE CONNAISSANCE DES HANDICAPES FEMMES ET HOMMES, AI DÉJÀ EU DES RAPPORTS AVEC DES FEMMES HANIDCAPEES, DE TOUS PHYSIQUES ET DE DIVERSES PATHOLOGIES.

 

JE PRECONISE DES AIDES DE HANIDCAPE(ES) A HANDICAPE(E



19/06/2010
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