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AIDANT-SEXUEL: VIDEO X ET INTERVIEW

VIDEO X D'UNE AIDANT-SEXUELLE

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«Créer l'amour»                     

Etre assistant sexuel pour «créer l'amour»
Agé de 47 ans, marié et père de deux garçons de 20 et 22 ans, Lorenzo Fumagalli, masseur ostéopathe dans un studio de médecine alternative qu'il partage avec son épouse, est assistant sexuel depuis plusieurs années, pratique menée en marge de son activité professionnelle.

«J'assiste les hommes et les femmes. Je suis hétérosexuel. J'assiste les hommes pour leur apprendre la masturbation ou la sensibilité de leur corps. Cependant, je travaille surtout avec des femmes. 

Qualité de vie
«Je ne travaille jamais à la maison, je ne suis pas organisé pour cela. Je fais donc beaucoup de kilomètres. J'aime assister les gens chez eux, là où ils se sentent à l'aise. Il est exclu que j'aie un rapport complet ou oral. Si la personne désire être frappée, ou vivre d'autres expériences qui vont au delà de mes possibilités, je refuse. Je pose ces limites dès l'entretien préliminaire qui a lieu avec la personne elle-même, les parents ou les éducateurs.

Toutefois, il y a des exceptions. Ainsi, cette femme tétraplégique qui n'a de sensibilité que sur la tête. M'en tenir strictement à ma ligne de conduite de non-oralité serait trop limitant pour elle. J'ai donc un rapport oral: sa qualité de vie et son bien-être sont en jeu. Elle a retrouvé avec moi des sensations antérieures à son accident, vit mieux sa sexualité et ressent moins de frustrations.»

Possible communication
Lorenzo Fumagalli poursuit : « J'ai été formé il y a environ quatre ans. Nous étions alors une dizaine de personnes à avoir choisi de ne pas avoir de rapport ni complet, ni oral; nous ne couvrons qu'une partie des besoins. La prochaine formation comptera des personnes prêtes au rapport complet et aux relations homosexuelles, mais seulement pour les hommes. En Suisse allemande, une association supervise et contrôle les assistants sexuels, qui y échangent leurs expériences pour solutionner les problèmes.

Etre assistant avec une personne handicapée physique ou mentale est très différent, explique Lorenzo. Certains assistants d'ailleurs ne s'occupent que de handicap mental. Les personnes handicapées physiques sont souvent expérimentées, leur dépendance est partielle et le niveau intellectuel intact, d'où une possible communication. Les personnes handicapées mentales sont souvent très dépendantes, les assister nécessite un entretien préalable avec la famille ou les éducateurs. La communication est plus difficile, il faut parfois apprendre un langage particulier.

 

Communiquer est très important

 

Les assistants doivent avoir le don de la communication et d'écoute. Cette dernière ne s'apprend pas à l'école, mais est essentielle pour la relation. Lors de la prise de contact avec le client (le terme n'est pas élégant, mais il n'est ni patient ni partenaire), il faut comprendre s'il est vraiment invalide. Il y a parfois confusion de certains clients valides qui veulent vivre une expérience. La différence de prix avec une prostituée est une raison de ces appels abusifs. En effet, les tarifs des assistants sont inférieurs à ceux des professionnelles du sexe. Souvent, les gens qui nous appellent ont fait un grand travail personnel préalable. Les femmes créent plus facilement une relation émotive avec l'assistant sexuel. Parfois, elles nous appellent puis changent d'avis, cela n'arrive jamais avec les hommes.


Triste réalité


Autre aspect important : le respect et la tolérance. Il faut focaliser son attention sur le client, être vigilant et patient avec lui ou elle, comprendre ses temps – celui nécessaire pour ôter ses vêtements par exemple – et les respecter. Je ne compte jamais ce temps dans la prestation, pratique impensable avec un(e) prostitué(e). Il faut respecter leurs vœux. Leur sexualité, surtout dans le handicap mental, est parfois très différente de celle des valides. Ainsi cet homme qui vit en institution. Devenu violent et agressif, ses proches ont tenté de régler ce problème par l'exercice de sa sexualité.

Après l'échec rencontré par une collègue, j'ai longtemps parlé avec les parents et les professionnels. La femme n'avait pas compris ses désirs. J'arrive, l'homme se dévêt, entre en érection et commence à jouer avec ses draps dont il se couvre et me couvre. Je dois respecter sa vision et sa sensibilité sexuelle, même très éloignées des miennes. Au début, je pensais devoir me concentrer sur son pénis ou des massages. Depuis un an et demi, je le rencontre deux fois par mois : une baisse de son agressivité a été constatée. Cet homme a une amie dans l'institution. Il voudrait partager sa passion des draps avec elle, mais le père de la dame refuse que leurs rencontres aient lieu à porte fermée. Est-ce par crainte d'une grossesse non souhaitée? Il refuse de me rencontrer, preuve que le manque de communication est une triste réalité.»

«Elles créent l'amour»


On me demande souvent s'il est possible de tomber amoureux. Il faut que l'assistant veille à ce qu'aucun lien affectif ne se crée. Si le cas se présente, il faut immédiatement réagir. Des pauses sont parfois nécessaires dans les relations, la personne handicapée se réoriente avec un autre assistant.
Mais c'est aussi une chance que ces personnes puissent tomber amoureuses... La sexualité permet de créer l'amour. Pas de le faire. Cette création a une force énorme et notre rôle est primordial. A chaque retour à la maison, je me sens plus riche de l'amour créé ensemble, ce qui justifie amplement l'assistance sexuelle. C'est là l'avenir.»

Propos recueillis par Serge Mouraret sur www.quelsexe.com



02/01/2010
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